Historique

800 ans d’histoire…

 

Les Templiers ont-ils réellement construit le Manoir de l’Aumônerie ?

C’est la question à laquelle nous essayons de répondre actuellement en fouillant dans tous les documents et archives possibles.

La propriété appartient à l’abbaye de Saint Georges de Boscherville et porte le nom de « l’Aumônerie » entre le 15ème et le 18ème siècle. Mais au début du 20ème siècle, des cartes postales indiquent le nom de « maison des Templiers ». Pourquoi ce nom apparaît-il soudainement et depuis quand ? 

Le cartulaire de l’Abbaye Saint Georges de Boscherville nous indique qu’au milieu du 12ème siècle la terre sur laquelle est construite la maison a été donnée Par Henri II Plantagenêt à son chambellan Roscelin Clarembaud. Aussitôt investi de ce domaine, Roscelin le cède aux moines de l’Abbaye de Saint Georges contre 10 marcs d’argent et 10 livres parisis. Cette vente est confirmée par l’évêque de Rouen, Hugues d’Amiens qui mourut en 1164. 

Que s’est-il passé ensuite ? Pourquoi les Templiers auraient construit un Manoir et un puits au 13ème siècle sur des terres qui appartenaient déjà aux moines de Saint Georges au 12ème siècle ? Qui a construit cette bâtisse en pierre de taille dans la clairière du Genetey ? Les bénédictins sont ils seuls propriétaires depuis le 12ème siècle ? Ou alors ont-ils cédé ou perdu le domaine au 13ème siècle pour le récupérer à nouveau au 15ème siècle ? Existe-t-il un lien confirmé avec la commanderie templière voisine de Sainte Vaubourg au Val de la Haye ?

Recherches en cours… affaire à suivre… !

L’histoire écrite ci-dessous est donc pour l’instant la version selon laquelle les Templiers auraient bâti le Manoir vers 1214. 

Fondé en 1118 à Jérusalem, l’Ordre du Temple a un but protecteur. Issu de la chevalerie chrétienne médiévale, il protège les pèlerins qui participent au pèlerinage en Terre Sainte, et aussi le tombeau du Christ (le Saint-Sépulcre) contre les attaques des guerriers musulmans. Les Templiers sont à la fois des soldats et des moines.

L’ordre du Temple dispose d’une fortune considérable qui lui permet de financer son activité militaire et religieuse au Proche-Orient. Ce capital provient de dons multiples, et les Templiers servent de banquiers à toute l’Europe en prêtant de l’argent aux souverains engagés dans les Croisades.

Devenus très riches, ils bâtissent des domaines pour protéger les routes et pour y accueillir voyageurs, Croisés et pèlerins.  

Les Templiers installent en 1173 une commanderie sur un domaine offert par Henry II, Roi d’Angleterre et Duc de Normandie : le domaine de Saint-Vaubourg, au Val de la Haye.

A la fin du 12ème siècle, les Templiers débroussaillent des terres vers la forêt de Roumare afin d’accroitre leur commanderie, et créent des clairières comme le Genetey dans laquelle ils bâtissent une ferme vers 1214 pour administrer ce nouveau territoire agricole.

La dissolution de l’Ordre lors du Concile de Vienne et la mort du Grand Maître Jacques de Molay, brûlé sur le bûcher en 1314, entraîne la disparition de l’Ordre du Temple. Tous les biens des Templiers sont alors dévolus.

Au 15ème siècle, la Ferme et la clairière dépendent de l’Abbaye Saint-Georges, à Saint-Martin-de-Boscherville. Cette abbaye bénédictine a été fondée en 1112 avec le concours de la très puissante famille de Tancarville.

Les moines Bénédictins en font alors l’Aumônerie de l’Abbaye. Ils y installent des fermiers tout en recevant dans le manoir des hôtes des moines.

Au XVIème siècle, Le Pressoir, la Longère, Le Chenil et le Four à Pain ainsi qu’une chapelle consacrée à Saint-Gorgon, un saint martyr romain, sont construits. 

Lors de la Révolution française, la propriété est confisquée aux moines et rachetée par des particuliers. 

Au XIXème siècle, les bâtiments de la Crémerie et la Grange sont construits.
Le domaine changera plusieurs fois de mains au cours du XXème siècle (Familles Mollet, Thoumyre, Savalle). 

Dans les années 1960, les terres de la propriété sont vendues au fur et à mesure comme terrains à bâtir.
L’exploitation agricole s’arrête.

La propriété est rachetée en 1970 aux descendants des derniers fermiers par Michel et Josette Ratier qui font inscrire l’ensemble sur la liste des Monuments Historiques.

En 2018, Erwan et Sophie-Isabelle de Saint-Seine s’engagent à leur suite dans la restauration du Manoir de l’Aumônerie.